Post Page Advertisement [Top]

Le Congolais Bosco Ntaganda, le 3 septembre 2015, à la Cour pénale internationale de La Haye, où il est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Michael Kooren/REUTERS

L’ex-chef de guerre est poursuivi par la CPI pour 13 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité et crimes de guerre entre 2002 et 2003.


Bosco Ntaganda a quatre semaines pour changer de visage. L’ancien chef d’état-major en second de l’Union des patriotes congolais (UPC), l’une des nombreuses milices à l’œuvre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000, dépose à la barre de la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 14 juin. En quatre semaines de témoignages, il espère faire oublier son surnom de « Terminator ». Depuis le début du procès, en septembre 2015, son avocat a dénoncé le portrait dressé par l’accusation, celui, dit-il, d’un « Schwarzenegger dans son costume de Terminator ». Bosco n’est pas un robot mais « un être humain », veut démontrer Stéphane Bourgon, qui conduit l’interrogatoire. Mais, pour l’accusation, cet « être humain » aurait provoqué la mort de 60 000 personnes en Ituri, région minière de l’Est congolais, où le Rwanda et l’Ouganda avaient activé des milices, sur fond de clivages ethniques, pour en piller les sous-sols d’or et de coltan.

Au pupitre des témoins, les yeux de l’accusé clignotent derrière ses lunettes rectangulaires, lorsqu’il jure de dire « toute la vérité » sur les treize accusations de crimes contre l’humanité et crimes de guerre qui pèsent sur lui. Les 71 témoins qui ont précédé M. Ntaganda à la barre pendant deux ans ont offert aux trois juges des récits accablants d’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans ses troupes, de persécutions, d’esclavage sexuel, de pillages, de transferts forcés de population. On doute, dès lors, que son avocat – ex-officier dans l’armée royale canadienne – puisse faire de son client un anti-héros. Un coude sur son pupitre, un ton dégagé à l’adresse de « Papa Bosco », Me Bourgon tente néanmoins de briser la raideur de son interlocuteur. Coiffé d’un casque-micro, vêtu d’un costume bleu marine ponctué d’une cravate, Bosco Ntaganda raconte sobrement sa vie, ses deux épouses, ses sept enfants, son nom de baptême adventiste, Enias. Sa naissance au Rwanda, son éducation, par ses grands-parents, dans le Masisi, dans l’est de la RDC, à cause des lois du colonisateur belge séparant « les pères de leur fils », et des massacres de 1959 au Rwanda, qui poussent les Tutsi à la fuite.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

VIDEOS

Bottom Ad [Post Page]